dimanche 6 novembre 2011

Les Forges des Salles dans les Côtes d'Armor et le Morbihan.



   La Bretagne a une tradition sidérurgique importante, elle est riche en fer et il y a eu des fonderies bretonnes importantes. Sur le ruisseau Pont Lann, aujourd'hui limite entre le Morbihan et les Côtes d'Armor, il fut un temps où les roues à aube tournaient sans arrêt dans les installations sidérurgiques des Forges des Salles. 








   La famille Rohan de noble lignage trouva dans cette région le lieu idéal pour développer une industrie de fonderie en pleine forêt : on y trouvait l'eau, c'est-à-dire l'énergie nécessaire pour faire tourner les roues à aube, le bois nécessaire pour faire du charbon de bois et faire chauffer les fourneaux, et finalement le fer, la matière première objet de cette industrie qui  ouvrit ses portes en 1623.





   Le Pont Lann divise la propriété en deux et lorsqu'on traverse le fief des forges, on change de département : ce cours d'eau fait frontière entre le Morbihan, dont les bâtiments sont orientés vers le nord, et les Côtes d'Armor, dont les bâtiments sont orientés vers le sud. Ce ruisseau relie en amont  l’Étang des Salles, l’Étang du Fourneau et en aval l’Étang de la Forge neuve.





Voici le château des Rohan à Pontivy.

   La famille Rohan est une famille noble de Bretagne que n'a jamais habité le village des Forges. C'étaient des industriels que les Rohan avaient appelés de l'est de la France qui exploitaient les installations. 







La famille Rohan vendit au comte de Janzé en 1802 l'usine, la forêt et les terres. Aujourd'hui, c'est la famille du Pontavice, ses descendants, qui continue à entretenir et habiter les lieux.






   Dans ce petit village appelé Les Forges des Salles travaillaient plus de 300 personnes. Les bâtiments nécessaires pour accueillir cette industrie étaient nombreux car il y avait les cadres, les ouvriers et d'autres employés et en même temps les autres personnes qui venaient de l'extérieur travailler tous les jours. Il y avait des charbonniers, des mineurs, des charretiers, un maréchal ferrant, un charpentier, un comptable, un médecin, un prêtre, des sœurs, les marchants ambulants...







   Du côté du Morbihan, une rangée de logements orientés vers le Nord accueillait les ouvriers qui habitaient les lieux en permanence.








   L'intérieur était une seule pièce unique de 25 m² à peu-près, dallée de schiste ou de terre battue; il y avait une cheminée à gauche de l'entrée, deux remises à l'arrière pour les denrées alimentaires, une trappe en haut pour accéder au grenier pour emmagasiner le fourrage, car ils avaient le droit à une vache. 









   Le logement était payant exceptionnellement et le Maître des Forges octroyé des privilèges aux ouvriers.  






   Un bâtiment au fond, la grande halle, accueillait le charbon de bois produit dans la forêt. Une autre halle à côté, la petite halle, recevait le minerai de fer extrait dans les mines aux alentours ainsi que la castine, pierre calcaire qui servait de fondant dans le haut fourneau. 
 
 





   Une passerelle reliait la halle de stockage au sommet du haut fourneau. L'opération de fonte tournait 24h/24 et n'était interrompue que pour changer le réfractaire ou à cause d'un accident.









   Si on emprunte la passerelle où se trouve le wagonnet qui servait à charger le haut fourneau  par le gueulard, on arrive à l'ouverture du sommet du four. 








   La Profondeur du fourneau est de 12 mètres : il était construit en briques réfractaires afin de résister aux fortes chaleurs (1536°). Dans la soufflerie, en bas à gauche, deux énormes soufflets étaient actionnés par une roue à aube, l'eau conduite à travers d'une canalisation la faisant tourner. On peut voir sur place quelques outils utilisés par les fondeurs, ainsi que quelques produits qui sortaient du haut fourneau tels que gueuses, lingots, turbines... Le bassin à droite servait à recevoir la coulée.









   Voici une reconstitution de la fonderie. Le courant d'eau de la rivière est détourné et sert de moteur au soufflet et aux machines en général lorsqu'il tape sur les aubes en faisant tourner la roue actionnant le soufflet Le foyer était placé sous une cheminée soutenue par des piliers. Les forges se composaient, et se composent aujourd'hui encore, de fourneaux, de marteaux, de laminoirs et de diverses machines servant à l'affinage et au martelage. En 1833, en France avaient 1187 forges.







   Un pressoir à cidre identique à celui existe dans la plupart des fermes de la région. Dans Les Forges des Salles, le pressoir à cidre permettait une production importante car il pouvait presser 800 litres de cidre à la fois.






Voici ci-dessus le quartier de la cantine.




Le four à pain était utilisé par les femmes du village a fin de faire cuire leur pain et il est utilisé encore aujourd'hui.




Ci-dessus, l'atelier du maréchal ferrant.




   L'atelier du maréchal ferrant était constamment en activité, le maréchal "chaussait" les chevaux et devait pouvoir réparer les pièces cassées.






Le café épicerie cantine permettait aux familles de se ravitailler sur place...







   ...manger ou boire un café. Le café épicerie était aussi le lieu de rencontre entre les villageois et les marchands ambulants...








...qui colportaient les nouvelles du pays environnant. La cantine servait surtout aux forgerons, aux gardes chasse et aux forestiers.








   Mais aussi, la cantine était un lieu utilisé pour réunir la famille et célébrer les mariages, les baptêmes et d'autres festivités.






   Du côté des Côtes d'Armor, se trouvent les bâtiments servant d'habitations et d'administration. Ils sont orientés vers le Sud, donc plus ensoleillés. Ci-dessus, les maisons des contremaîtres datant du XIXème siècle.





 La régie faisait office de bureau de paye et d'administration a fin de bien gérer l'exploitation industrielle. Le régisseur y tenait toute la comptabilité du domaine : gestion financière, forestière, sidérurgique et sociale.







   La famille Rohan avait fait construire une chapelle, de style  dépouillé; cette chapelle est sobre, car les Rohan étaient protestants, et  est consacrée à Saint Éloi, le patron des forgerons. 








Une porte est réservée aux gens du village; la porte à gauche, au Maître de Forges et au régisseur.




   Sur le flanc de la colline il y a un jardin appelé Thabor, formé de huit terrasses, où l'on voit en haut l'orangerie, ancien atelier des jardiniers.




En bas on peut apprécier la cour et les jardins.
 
 



En contrebas, à gauche, se trouvent...




...les écuries, le chenil, la menuiserie et la charpenterie.





   Dans la cour, le Logis des Maîtres de Forges est un grand bâtiment construit en deux temps. Premièrement, la partie centrale et l'aile gauche furent construites au XVIIIème siècle ; ensuite, en 1920, la comtesse de Luart grand-mère du comte Jacques de Pontavice bâtit l'aile droite.






Cadran solaire sur le mur du bâtiment.




   Les propriétaires ayant un souci paternaliste auprès de leurs ouvriers, avaient créé des écoles afin d'éduquer les enfants des employés. Son emplacement d'origine était situé à 300 mètres du village, un peu plus loin à l'ouest de la régie, afin d'éloigner les enfants de l'ambiance bruyante de l'usine. Les professeurs de l'école des forges étaient les Sœurs du Saint Esprit originaires de Saint-Brieuc. Ce petit établissement scolaire était aux frais du propriétaire et les élèves ont reçu leurs leçons jusqu'aux années 70 du XXème siècle.







   L'école musée d'aujourd'hui conserve les mêmes meubles qu'auparavant bien qu'elle ait été transféré dans un bâtiment plus proche du parcours des visiteurs. 






Turbine à eau installée en 1924 a fin de produire de l'électricité pour le village des Forges.




   L'activité sidérurgique dans les Forges des Salles cessa en 1877 et le haut fourneau en briques réfractaires fut entièrement démonté






   Autres lieux à visiter tout près des Forges des Salles : l'Abbaye de Bon-Repos et le canal de Nantes-à-Brest, le lac de Guerlédan, le site préhistorique des allées couvertes du Liscuis...



Images prises le 16 octobre 2011. 


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© Productions José María Gil Puchol.

Photographe à Loudéac.

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